Le Conseil de sécurité des Nations unies appelle les autorités haïtiennes à réglementer l’exploitation et le commerce des civelles, de jeunes anguilles particulièrement recherchées sur les marchés internationaux. Dans une résolution adoptée le 14 octobre 2026, l’organisation considère que l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles peuvent contribuer à la déstabilisation d’Haïti. Cette initiative intervient sur fond de préoccupations concernant l’opacité, la corruption et les pratiques illégales dans cette filière économique.
PORT-AU-PRINCE, 16 octobre 2026 — Le commerce des civelles en Haïti fait désormais l’objet d’une attention particulière du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans sa résolution 2831 (2026), adoptée le mercredi 14 octobre, l’instance internationale encourage les autorités haïtiennes à adopter un décret destiné à encadrer l’exploitation de ces ressources naturelles et les activités commerciales qui en découlent.
Cette recommandation intervient dans un contexte où plusieurs rapports d’experts des Nations unies ont mis en évidence des problèmes de gouvernance et de transparence dans le secteur.
Une filière lucrative, mais insuffisamment réglementée
Les civelles, qui correspondent aux jeunes anguilles, constituent une ressource halieutique recherchée sur les marchés internationaux, notamment dans le secteur de l’aquaculture.
En Haïti, leur exploitation représente une activité économique pour les pêcheurs, les intermédiaires et les entreprises exportatrices.
Cependant, selon les experts des Nations unies, le fonctionnement de cette filière demeure marqué par un manque de transparence, des pratiques commerciales contestées et des difficultés dans le contrôle des exportations.
Dans un rapport publié en 2026, les experts ont notamment évoqué des irrégularités dans l’attribution de certaines licences d’exportation ainsi que des pratiques de corruption.
Pour la saison 2025-2026, le rapport indique que dix permis ont servi à exporter environ 2 180 kilogrammes de civelles entre le 15 septembre 2025 et le 28 février 2026.
Le commerce illicite désormais associé aux activités de déstabilisation
La résolution 2831 marque une évolution dans l’attention accordée par le Conseil de sécurité à l’exploitation illégale des ressources naturelles en Haïti.
Le texte précise que les activités susceptibles de déstabiliser le pays comprennent notamment la participation à l’exploitation ou au commerce illicites de ressources naturelles.
Cette disposition s’inscrit dans le cadre du régime de sanctions internationales concernant Haïti.
Elle ne signifie toutefois pas que l’ensemble du commerce des anguilles est interdit ou que tous les acteurs de la filière sont impliqués dans des activités illégales.
L’enjeu porte principalement sur la lutte contre les pratiques illicites et sur le renforcement des mécanismes de contrôle.
Vers une réglementation plus stricte du secteur
L’adoption d’un décret pourrait permettre aux autorités haïtiennes de préciser les conditions d’exploitation des civelles, les procédures d’octroi des licences, les obligations des exportateurs et les mécanismes de surveillance du commerce.
Une réglementation adaptée pourrait également contribuer à améliorer la traçabilité des produits, à renforcer la transparence administrative et à protéger les ressources naturelles.
La dimension environnementale constitue un autre enjeu important. Une exploitation excessive des jeunes anguilles peut affecter le renouvellement des populations de cette espèce.
Toutefois, la résolution du Conseil de sécurité constitue à ce stade un encouragement adressé aux autorités nationales. Elle ne signifie pas qu’un nouveau décret haïtien a déjà été adopté.
Un défi économique et institutionnel pour Haïti
Au-delà de la question des anguilles, cette initiative des Nations unies soulève celle de la gestion des ressources naturelles et de la capacité des institutions haïtiennes à superviser les activités économiques génératrices de revenus.
Pour les autorités publiques, le défi consistera notamment à concilier la protection des ressources, la lutte contre les activités illégales et la préservation des moyens de subsistance des communautés qui dépendent de cette filière.
Les prochaines décisions du gouvernement permettront de déterminer si cette recommandation internationale débouchera sur un cadre réglementaire national et sur des mesures concrètes de contrôle.
5 Minutes News HT — Informer • Expliquer • Vérifier
Sources : Conseil de sécurité des Nations unies, résolution 2831 (2026) ; rapports du Groupe d’experts sur Haïti ; Le Nouvelliste, 14 octobre 2026.
Image : © UN Web TV — séance du Conseil de sécurité du 14 octobre 2026.


Laisser un commentaire